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« Kiss the beast » de Sébastien Tellier : un album qui libère la bête et la belle pop

Le chanteur célèbre ses vingt-cinq ans de carrière avec Kiss the beast. Un album intimiste, glamour et dansant où l’un des piliers de la chanson électro française interroge notre condition humaine.

Ingrid Pohu l'Humanité

Kiss the beast fait partie de ces albums que l’on écoute d’une traite, sans interruption, porté par un fil intime qui ne rompt pas. Pelotonné dans une douceur musicale hypnotique et entraînante, Sébastien Tellier s’y affirme en conteur. À 50 ans, et fort de ses vingt-cinq ans de carrière, ce cador de la chanson électro-acoustique revendique un tournant. « Tout ce que j’ai créé est expérimental. Aujourd’hui, je veux dévoiler toute l’étendue de mon talent. C’est mon premier album pensé de manière maîtrisée et aboutie. Avant je n’ai fait qu’un art de pulsion. »

Ce passage l’a poussé à raviver ses souvenirs de jeune amoureux (Parfum diamant) tout en gravant les jours heureux (Un dimanche en famille). Des questionnements existentiels sur la liberté, la place de l’homme sur Terre et son rapport à la nature traversent le disque. Tout est parti du titre Mouton inspiré par une photo de famille. « C’était le bonheur mais je voyais de la détresse dans mes yeux. Alors j’ai transposé cela à la détresse animale. J’ai imaginé un mouton paisible dans sa prairie, avant qu’on ne l’embarque vers l’abattoir. La vie d’un homme, c’est un peu ça : une enfance naïve où l’on pâture a priori tranquillement, puis l’autoroute de l’âge adulte où l’on évite les sorties de route, jusqu’à la mort. »

Une invitation à débrider nos instincts et désirs

Amoureux de l’œuvre de Christophe, Tellier fait rimer « Kiss the beast » et « Kiss the lips » (embrasse la bête/embrasse les lèvres) comme une invitation à débrider nos instincts et désirs enfouis, en réveillant l’animal sauvage qui sommeille en nous. Pour emmener ces chansons « au plus haut de leur potentiel », l’auteur-compositeur-producteur a accepté, pour une fois, d’être épaulé. Victor Le Masne, compositeur du thème des JO de Paris 2024, apporte sa science des arrangements. Pas moins de 150 musiciens jouent ainsi sur Loup, clin d’œil aux comédies musicales de Broadway.

Le guitariste Nile Rodgers injecte son funk sur le très dansant Thrill of the night. Dans Copycat, le chanteur évoque l’usurpation d’identité dont il a été victime. « J’ai ainsi évacué mon anxiété avec ce titre volontairement anxiogène. Certains pensent que derrière ma barbe et mes cheveux longs se cache un homme relax, c’est faux. » Si l’intelligence artificielle permettait de décharger l’homme des tâches les plus contraignantes, il se verrait bien évoluer dans une société entièrement tournée vers les loisirs où l’on pourrait « construire des appartements dans des flippers géants. Le monde serait un immense parc d’attractions où chacun pourrait s’amuser non-stop ».

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